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LES BUMI LALE DE L’ĪLE DE BURU (MOLUQUES – INDONÉSIE)

Gestion du milieu et exploitation du Melaleuca leucadendron L.

Marcus J. PATTINAMA

L’INTRODUCTION

1. Présentation du terrain de recherche : l’île de Buru dans l’archipel des Moluques en Indonésie

L’Indonésie est le plus grand archipel du monde. Elle a un climat tropical et elle se trouve stratégiquement entre les continents d’Asie et d’Australie, entre l’océan Indien et l’océan Pacifique. En fait l’Indonésie et une nébuleuse de 17.000 îles émiettées sur 5.000 kilomètres. Le nombre de provinces en Indonésie est de 27. Les Indonésiens avec une population d’à peu près 200 millions représentent le quatrième pays du monde après la Chine, la Russie et l’Inde.

D’après le découpage administratif Indonésie, l’archipel des Moluques constitue le vingt-cinquième province. Aux Moluques, il y a un millier d’îles dont des containes rentent anonymes. La population est de 2.094.700 habitants. Les îles principales sont Halmahera, Seram, Wetar, Tanimbar, Kei et Buru base de mon étude sur le terrain.

Historiquement, les Européens sont venus aux Moluques pour faire le commerce des clous de girofle (Eugenia aromatica) et de la noix muscade (Myristica fragrans). D’abord les Portugais en 1512 puis les Hollandais en 1599. D’après Rhumpius (1744) « Het Amboinsche Kruid-book » : c’est la sagesse de Dieu qui donne la richesse à chaque pays et qui a fait pousser les girofliers aux Moluques.

 

2. Présentation du périmètre de la recherche

L’île Buru est une grande île parmi les îles Moluques. Pour la période coloniale, il y a peu d’informations sur cette île et en particulier sur les autochtones qui occupent la partie montagneuse, très isolée et hors de protée.

En outre dans la période post coloniale, en 1966, le gouvernement Indonésien a décidé que le nord de cette île serait un lieu de relégation pour les prisonniers politiques. A cause de cela, on peut dire que cette île est restée fermée à l’activité de recherche et que la communication avec l’extérieur était plus difficile pour les autochtones.

A la fin des années 70, le gouvernement Indonésien a déclaré l’amnistie de tous les prisonniers puis a décidé un programme national de transmigration de Javanais, et une distribution de terres pour les anciens prisonniers politiques.

La surface de l’île Buru est de 10.000 Km² et le plus haut sommet culmine à environ 1.200 mètres. Les mois pluvieux (décembre, janvier, février, mars et avril) sont marqués par une moyenne mensuelle de 22 mm minimum à 293 mm maximum. La température annuelle moyenne est de 25ºC à 27º. Le climat de Buru est rélativement sec par rapport aux autres îles des Moluques.

Au sud et à l’ouest, l’île est limitée par la mer de Banda, au nord par la mer des Moluques, à l’est par la mer de Seram. D’après le découpage administratif, le territoire de Buru appartient au département des Moluques du Centre et il est divisé en Buru du nord et Buru du sud. La particularité du Buru est que l’om y cultive ni le giroflier ni le muscadier mais que les autochtones exploitent depuis longtemps le cajeput (Melaleuca leucadendron L.) qui produit une essence odorante exportée pour une usage médicinal ou en parfumerie.

Les habitants de Buru peuvent être regroupés en trois ensembles :

(a) Les autochtones de l’île : ils se considerent comme alifuru, c’est-à-dire « les premiers hommes dans cette l’île ». Le mot alifuru d’après Paulus (1917) vient de la langue de l’Halmahera du nord : halefoeroe, c’est-à-dire « terre dans la forêt dense ». Les Halmahera du nord parlent souvent des ‘o halefoeroeka ma nyawa’ c’est-à-dire des gens venant de la forêt. Le mot alifuru est aussi utilisé par les gens qui habitent sur la côte pour designer des hommes qui viennent de la montagne. Ce mot désigne aussi les hommes n’appartenant pas à une des grandes religions. Eux-mêmes se désignent comme les Bumi Lale parce qu’ils sont originaires de la région isolée du lac de Rana qu’ils appellent Bumi Lale, c’est-à-dire « la grande terre ». Le lac de Rana se trouve au centre de l’île Buru. De ce territoire, les autochtones se sont dispersés dans toutes les directions. Les autochtones qui habitent dans Buru du sud ont eu beaucoup de communications avec les groupes extérieurs, par des marriages et grâce aux facilités de transport, étant près de la côte.

(b) Le deuxième groupe est formé des immigrants qui viennent de faςon spontanée. Ils sont venus de diverses régions d’Indonésie, par exemple des Javanais, des Butonais, des Bugis, des Sulas, des Bandanes et des Keis. Ils s’appellent les Buru. Généralement ils sont installés sur la côte.

(c) La troisième groupe est formé des hommes qui viennent dans le cadre du programme de transmigration du gouvernement.

Lorsq’on parle des Bumi Lale, on peut distinguer les Bumi Lale de l’intérieur et les Bumi Lale de l’éxterieur. Les Bumi Lale de l’intérieur habitent dans un périmètre soumis à des régles coutumières et considéré comme un térritoire sacré (koin). Ce territoire comprend la région limitrophe du lac de Rana et la montagne de Date. Ces lieux sont pour les Bumi Lale une région chargée de sens parce qu’ils pensent que le premier homme y est né. Pour cette raison ils s’opposent à toute installation d’immigrants sur cette partie du territoire.

Les Bumi Lale de l’éxterieur occupent le reste de l’espace. Ils sont originaires des mêmes maisons que les Bumi Lale de l’intérieur. Ils sont censés s’être installés autour de la région centrale pour protéger celle-ci. Ainsi pour parvenir chez eux, il faut franchir plusieurs portes (sufen) constituées par des villages (humalolin) qui eux-mêmes protègent des lieux sacrés appelés seget. Les seget sont des bois qui sont interdits de coupe et qui abritent des objets ayant appaetenus aux ancêtres.

Lors de mon premier terrain (trois mois), j’ai choisi d’étudier plus particulièrement le groupe habitant le village de Waekahitnangan. Jadis les Bumi Lale changeaient souvent d’habitat. A la fin des années 70, le gouvernement instauré un programme national de regroupement des autochtones isolés. En général dans ce programme, le gouvernement détermine seul le lieu de résidence et ne choisit pas avec les autochtones le lieu plus propice pour eux. En fait, le gouvernement choisit un lieu de résidence près de la côte pour simplifier la communication entre les Bumi Lale et de l’éxterieur. Mais les Bumi Lale ont pensé que ce lieu était trop éloigné des jardins ou de forêt de cajeputier (Melaleuca leucadendron L.). Ce programme n’a pas réussi et ils ont abandonné leur maison et sont repartis dans la forêt. Le gouvernement a alors changé la stratégie du programme de sédentarisation et consulté les Bumi Lale pour déterminer la meilleure localisation. Un des lieux choisi pour les Bumi Lale de l’extérieur a été fixée à Waekahitnangan situé à 27 km de la côte. Les Bumi Lale ont accepté ce lieu et le programme du gouvernement. Même si, les Bumi Lale veulent bien participer au développement, ils souhaitent conserver leurs coutumes et leur culture.

 

3. Problématique

Dépuis que j’ai commencé  mon travail dans l’île Buru dans le cadre du programme national de regroupement des Bumi Lale, notamment dans le village de Waekahitnangan, je m’intéresse aux relations qu’ils entretiennent avec leur environnement. Dans le cadre de mon mémoire pour le DEA-ETES, mon objectif est de traiter certains aspects de ces relations cocernant uniquement les Bumi Lale du nord qui occupe un territoire appelé fena Lisela incluant le village de Waekahitnangan mais également d’autres villages et plus particulièrement ceux situés autour du lac Rana :

(a) Les rapports entre les droits d’usage sur le territoire et ses ressources et l’organisation sociale des Bumi Lale.

(b) Les rituels liés à l’agriculture et à l’exploitation de la flore et de la faune sauvage.

(c) Les données liées au cajeputier, à la fabrication et la commercialisation de son essence.

Pour cette étude, j’utiliserai des données du Docteur Mus Huliselan (Rapport de recherche : Les Bumi Lale et leur environnement : organsation et changement social dans l’île Buru, 1988) et celles que j’ai moi-même recueillies sur le terrain. Mais auparavant il était nécessaire de rassembler et d’analyser la documentation existante.

Pou, r cela, j’ai effectué des recherches à Paris (en particulier à la bibliothèque  de l’UPR 262 ERASME-CNRS à l’Ecole des Hautes Etude en Sciences Sociale, au Laboratoire d’Ethnobiologie-Biogéographie Muséum National d’Histoire Naturelle) et aux Pays-Bas (en particulier à l’Université et l’Herbier à Leiden, au Tropen Muséum à Amsterdam à l’Université d’Agriculture à Wageningen).

 

LA SYNTHESE DE LA BIBLIOGRAPHIQUE

La recherche documentaire a porté sur differents thèmes :

1. Histoire des Bumi Lale, organisation sociale, organisation du terri-toire et droits d’usage sur la terre et ses ressources.

Pour le sujet traité, il est important de savoir quelles sont les régles d’utilisationdu territoire et comment s’etablissent les droits d’usage. Pour cela, il faut commencer pour comprendre comment se répartir la population et avoir une idée sur l’organisation sociale traditionnelle et ses éventuelles modifications actuelles.

Peu de recherches ont été effectuées sur le centre de l’île de Buru, autour du lac Rana, région sur laquelle porte mon étude, mais il m’a semblé important de rechercher la documentation pouvant éclairer l’histoire des Bumi Lale et de leurs contacts avec l’extérieur. En effet, le terme Alifuru par lequel ou les désigne indique qu’ils étaient connus et que, sans doute grâce au commerce, ils avaient des rapports avec le sultanat de Ternate qui prélevait des tribus sur toute la région.

Pour comprendre l’histoire et l’organisation sociale des Bumi Lale, il faut distinguer les informations contenues dans leurs mythes telles qu’elles ont été recueillies par divers chercheurs et les données historiques datant de l’époque coloniale.

Le premier ouvrage où l’on parle de l’intérieur de l’île de Buru est celui d’un Allemand Martin (1894) dans lequel il indique le lac Rana qu’il appelle Wakollo. J’ai ensuite trouvé un rapport écrit par le pasteur Schut (1912) qui explique comment les Bumi Lale vivaient harmonieusement autour du lac Wakollo en exploitant le sagoutier qu’ils utilisaient comme nourriture de base, ils se sont séparés en deux groupes (fena) à la suite d’une guerre à propos de la répartition de cette ressource. C’est ainsi que le fena Masarete occupe le sud et que le fena Lisela reste dans le centre et le nord de l’île.

Huliselan (1988) a recueilli  un autre mythe dans lequel l’île de Buru est appelée Bupolo. Elle est assimilée à un homme en position couchée d’ouest en est avec la montagne le plus haute de Buru Kapalamada comme tête et celle de Batabual comme pied. La rivière Waemala est le bras droit au sud et celle de Waenibe le bras gauche au nord. La montagne de Date et le lac Rana qui est à côté constitue le centre (pusen) et le territoire autour le corps (niman).

Les deux groupes fena ont pour rôle de protéger la région ontre les influences extérieur. Au fena Masarete considéré comme l’aîné est confiée la région sud avec la montagne Batabual et la rivière Waemala. Au fena Lisela, considéré comme le cadet revient le rôle de gardien du nord là où se trouve la tête avec le mont Kapalamada et le centre de l’île avec le lac Rana. Les membres du fena Lisela sont pour cela gardien de la tradition et des relations aux morts avec le bras gauche de l’île que constitue la rivière Waenibe qui prend sa source dans le lac Rana. Par contre, les Masarete aînés vivant sur le bras droit, sont en relation avec l’extérieur.

D’après Schut (1912), un butonais nommé Hade qui s’est réfugié dans une grotte après un naufrage épouse une femme du fena Masarete. Il va vivre sur la côte et ils deviennent chrétiens.

Avec l’arrivée des Portugais, en 1512 est fondé un troisième fena : le fena Kayeli. Pour l’administration coloniale hollandaise, l’île était d’abord divisé en 13 regenxchap, ayant à leur tête des chefs appelés : Sangadji, Patti, et Orang kaija. Ces regenschap ont été ensuite réduit à huit (Huliselan, 1988).

Après l’indépendance, pour l’administration indonésinne l’île de Buru appartient aux Moluques du centre. Elle est divisée en trois parties :

- Buru du nord-est avec la capitale Namlea

- Buru du nord-ouest avec la capitale Air Buaya

- Buru du sud avec la capitale Leksula

Mais pour comprendre les droits d’usage sur le territoire, il faut s’apputer sur l’organisation originelle mais en tenant compte des ambiguités dues aux différents découpages administratifs et aux habitudes coloniales.

Si le lac Rana s’appelle Wakolo sur les cartes anciennes, c’est parce qu’il se trouve sur un territoire dépendant du groupe lignager qui porte ce nom. Un tel groupe est appelé noro par les Bumi Lale et soa dans le langage courant général aux Moluques. En outre, comme l’a montré Grimes (1996), il existé un « nom de famille » (du hollandais fam) utilisé pour désigner le noro à l’extérieur.

Dans la structure des Bumi Lale, l’organisation sociale peut être décrite suivant deux systèmes soit en fonction de l’aspect généalogique soit en fonction de l’aspect territorial (Huliselan,1988). Le terme fena désigne à la fois un groupe humain et le territoire que celui-ci occupe. Il correspond à différents niveaux d’organisation territoriale :

- Le village humalolin

- Le territoire occupé par un noro

- Le territoire dépendant d’un Matgugul, terme originaire de Ternate

(Fraassen,1987 in Grimes, 1990) désignant le raja tanah, c’est-à-dire

le « roi de la terre »

- L’ensemble du territoire de fena Lisela

Le fena Lisela contient deux Matgugul :

- Le matgugul Wakollo qui est à l’est du lac Rana, le titre appartenant

au noro Wakollo

- Le matgugul Nalbesi qui est à l’ouest du lac Rana, le titre appartenant

au noro Nalbesi.

Chaque matgugul comporte quatre noro. Actuellement, chaque village comporte plusieurs noro. De plus les membres d’un même noro peuvent être dans plusieurs humalolin ou village, appartenent à l’un ou l’autre des matgugul ou même dans le fena Masarete. D’après les informations recueillies par Huliselan (1988), jadis les villages étaient formés par les membres d’un seul noro et ils étaient établis autour du lac Rana. Mais par la suite les membres de ces noro se sont dispersés de plus en plus loin.

Chaque Bumi Lale appartient au noro de son père et les noro sont des unités exogames. La cellule familiale formée d’un couple est appelée humanati. La famille étendue comprenant la descendance de ce couple leurs enfants, les épouser des fils et leurs enfants s’appelle humalalen. Tous les membres d’un même noro descendant d’un ancêtre commun forment un bialahin ce qui signifie sagoutier (bia=sagou et lahin=arbre). Un noro est formé de plusieurs bialahin et les membres d’un même bialahin peuvent aussi être répartis sur tout le territoire. Tous les descendants des premiers Bumi Lale qui se trouvaient autour du lac Rana ont les même sur l’ensemble de l’île. Le résultat de leur dispersion au niveau territoriale est que théoriquement un Bumi Lale peut ouvrir un jaedin (hawa) dans n’importe quelle partie du territoire. Cependant après l’avoir cultivée trois ans, le défricheur garde un droit d’usage sur la parcelle qui ne peut être utilisée par d’autres. Ce droit d’usage se transmet à ses fils. Les grands jardins (hawa) éloignés des maisons sont prépares et cultivés de faςon collective par des groupes de cinq à six hommes qui n’appartiennent pas forcement au même noro.

Les Bumi Lale pratiquent l’agriculture sur brûlis. Un jardin abandonné s’appelle wasi et il reste sans être cultivé entre six à huit ans, si bien que le diamètre des arbres ne depasse pas 25 à 30 centimètre et les espèces forestières n’ont pas le temps de s’implanter. Un signe fait avec des feuilles, appelé sihit, indique que la parcelle est déjà utilisée par un groupe et ne peut l’être par un autre.

 

2. Système d’exploitation du territoire : pratiques agricoles, cueillette et chasse

Actuellement c’est seulement autour du lac Rana que les Bumi Lale continuent à utiliser le sagou comme nourriture de base.

En effet c’est uniquement là que les sagoutiers sont suffisamment abondants. Ces formations sont spontanées. Comme ailleurs aux Moluques sans doute existe-t-il autour de lac Rana plusieurs espèces ou variétés de Metroxylon (Purnama et Prahasto, 1984 in Suharno, 1997). Mais aucune recherche n’a été faite sur les sagoutiers de Buru. A Waekahitnangan c’est le manioc qui est utilisé pour préparer la nourriture de base appelée aussi papeda comme pour le sagou, ce qui indique une introduction relativement ancienne.

La céréale cultivée traditionnellement par les Bumi Lale est le Setaria italica qui est sans doute arrivé dans l’Indonésie de l’est avant le riz que les Bumi Lale cultivent aussi. Ce phénomène se retrouve dans d’autres îles des Moluques (Barraud et Friedberg, 1996).

J’ai recherché une documentation sur l’origine et la diffusion du Setaria italica en Asie du Sud-Est à partir de la chine (de Wet et al, 1979 ; Metailie et al, 1981 ; Chang, 1983 ; Naciri et Belliard, 1987). Quand les Bumi Lale ouvrent un nouveau jardin il faut d’abord semer du Setaria italica et des arachides qui ont été sans doute introduites par les Portugais au début des relations commerciales avec l’Amerique du Sud.

Ces premiers semailles sont accompagnées de rituels sous la responsabilité du chef coutumier du noro Wakollo, le gebapuji. En plus du manioc les Bumi Lale cultivent d’autres tubercules : taros, ignames et patates douces. Ils cultivent aussi des légumes : l’utantangko (Ipomoea aquatica), le solansi (Ocimum basilicum) et le sawi (Brassica chinensis).

Parmi la flore spontanée en dehors du cajeputier les Bumi Lale exploitent du damar d’Agathis et différentes espèces donnant du bois d’oeuvre. Il y a également huit types de rotin reconnus par les Bumi Lale. Actuellement des entreprices ont obtenus des permis du gouvernement pour exploiter ces bois d’oeuvre et le rotin et la forêt est très menacée. Cette forêt est aussi importante pour les Bumi Lale parce qu’en dehors des poulets qu’ils élèvent. Elle est leur seule source de viande. En effet les Bumi Lale chassent souvent, leur gibier est constitué de sangliers, de cerfs et de kuskus.

 

3. L’Exploitation du cajeputier

a) Identification botanique du cajeputier

C’est Georgius Everhardus Rumphius naturaliste d’origine Allemande et agent de la compagnie Hollandaise des Indes Orientales, à Ambon aux îles Moluques, qui le premier parla de ce qui allait devenir le genre Melaleuca dans son ouvrage « Herbarium Amboinense » (1744-1755). Sur les planches et dans le texte de son travail, Rumphius désigne les actuels Melaleuca sous les noms de Arbor Albamajor et Arbor Albaminor. Cependant il est difficile de savoir s’il s’agit de deux espèces différentes. En effet les diverses espèces de Melaleuca présentent des types biologiques de végétation très variables et offrent chez la plupart des espèces, de curieuses adaptations xérothermiques, rappelant les divers faciès végétation de la flore australinne.

Le nom Melaleuca leucadendron s.l. (sensu lato) est appliqué tantôt à un arbre de grande taille et tantôt à un arbuste nain, il se refère à un complexe de 10 espèces éntroitement apparentées comprenant : Melaleuca leucadendron L, Melaleuca cajeputi Powell, Melaleuca viridiflora Sol.ex Gaertn. et Melaleuca quinquenervia (Cav) ST Blake (Brinkman et Xuan, 1991). Ces arbres sont dispersés sur plusieurs continents et sous des climats différents, mais sont sans conteste originaires de l’Asie du Sud-Est et de l’Océane (Panouse-Perrin, 1955).

On les rencontre à l’état spontané en Australie, en Nouvelle Calédonie, à Tahiti, en Indonésie et aux Philippines. Etant donné la variabilité de ces espèces, tous les auteurs ne sont pas d’accord sur leur identification. D’après Brinkman et Xuan (1991), l’espèce que l’on trouve à Buru serait Melaleuca leucadendron, alors que celle de Nouvelle Caledonie serait Melaleuca quinquenervia.

De culture facile ces arbres sont remarquablement resistants y compris aux incendies se qui permet la préservation des forêts, ils poussent rapidement mais ont une durée de vie assez brève de l’ordre de 20 à 30 ans (Bonne, 1991). Des spécemens originaires de Buru ont été transplantés à Java et Sumatera. Mais la qualité de leur essence est moins bonne que celle extraite des Melaleuca de Buru (Soepardi, 1953).

 

b) Caractéristiques du Melaleuca leucadendron du point de vue écologique

Les arbres appartenant au complexe Melaleuca leucadendron s.l. sont adaptés au climat tropical et subtropical (Brinkman et Xuan, 1991). On rencontre ces arbres dans des milieux très variés :

- Il semble que le milieu le plus favorable soit celui des zones maré-

cageuses ou saumàtres.

- Ils s’adaptent aussi aux terrains secs bien drainés jusqu’à mille mè-

tres environ.

Ils poussent généralement dans des formations secondaires sur des sols pauvres. Ils contituent des peuplement purs. Odum (1971) in Siregar et Djaingsastro (1986), souligne que le Melaleuca a un caractère « alellopathe » c’est-à-dire qu’il produit des substances chimique qui empêchent d’autres plantes de pousser autour. Ceci explique que dans les formations de cajeputier il n’y a pas d’autres végétaux qui poussent.

Le Melaleuca crôit rapidement et particulièrement adapté aux sols acides, salés et secs. Les Melaleuca sont des arbres toujours verts. Dans certain cas, le Melaleuca sensible à des champignons (Cylindrocladium macrosporum et Cylindrocladium pteridis) qui se développent sur les feuilles et les fut dépérir.

Si on remarque qu’il a une étonnante vigueur végétative (il rejette la souche très facilement et même des racines restées en terre après arrachage de l’arbre) et des propriétés ignifuges excep-tionnelles, on comprend son développement : l’homme medt le feu aux herbes et aux bois, les flammes et la chaleur dégagent une partie du terrain et le Melaleuca, présent dans les marécages et quelques savanes en zone très sèches, résistant aux feux, prend la place libérée. Chaque année, les incendies libérent de plus en plus de terrain et les graines de Melaleuca, sous l’action de la chaleur des incendies, germent d’autant mieux et d’autant plus vite.

Des mesures montrent que les Melaleuca supportent de grandes variations de pH entre la saison des pluies. Au voisinage de terrains inondés, le Melaleuca pousse dans un sol à pH 3 en saison sèche et à pH 6 en saison humide. Au Vietnam, le sol couvert de Melaleuca est composé de sulfate acide de pH moins 4 en saison sèche. La valeur du pH en sous sol diminue et passe d’un pH 4 à 7 (Brinkman et Xuan, 1991).

A Buru, le Melaleuca leucadendron s.l. pousse au dessus de 900 mètres d’altitude. En Nouvelle Calédonie, le Melaleuca pousse au dessus de 1000 mètres, mais on en trouve aussi, quoique moins dense, à basse altitude. D’après Brinkman et Xuan (1991), dans certaines régions, on trouve des Melaleuca au dessous de 500 mètres, par exemple à Java, en Australie, et à Hawaii.

 

c) Technique de fabrication de l’essence

Les indigènes utilisaient les Melaleuca bien avant l’arrivée des Européens, non pour leur bois qui est un matériau de valeur médiocre, mais pour leurs écorces et leur feuilles. L’écorce qui gonfle dans l’eau est utilisée pour faire des joints entre les planches dans la construction des bateaux. Elle est aussi employée comme joints par confectionner les cuves dans les quelles ont met les feuilles qui servent à faire l’essence de cajeput. Ces feuilles sont utilisées fraîches et le dispositif pour la distillation est installé à proximité des formations de cajeputier.

Ce dispositif rudimentaire est confectionné par les Bumi Lale. Il consiste en une cuve posée sur un four fait de pierres et de terre, la fond de cette cuve est constituée par une grande poêle concave en fonte qui est en contact direct avec le feu. La cuve est en planches attachées avec des rotins et rendue étanche par les joints en écorce de Melaleuca. Au dessus il y a un couver cléen bois, maintenu fermé par de grosses pierres, en son centre se trouve une piece de cuivre cylindrique et fermé de la quelle sort un tuyau par lequel s’échappent les vapeurs de cajeput qui vont se refroidir dans une autre cuve remplie d’eau située au-dessous. A sa base un petit tuyau permet de recueillir l’essence qui est mise dans des bouteilles.

Toutes les cuves sont de même dimension et contiennent 62,5 kilogramme des feuilles ce qui fourni 4,5 bouteilles d.un litre (Soepardi,1953). Les Bumi Lale se regroupe par sept ou neuf pour entreprendre une opération de distillation. Généralement chaque personne re,plir deux cuves de feuilles et récupère ainsi neuf bouteilles d’essence. Un jour est nécessaire pour distiller une cuve ce qui demande une grande quantité de bois. Trois jours de récolte sont nécessaire pour remplir de feuilles une cuve. Il s’agit de feuilles jeunes d’arbres âgés entre six mois et un an. L’arbuste ne meurt pas et on pourra à nouveau prélever des feuilles jusqu’à ce que l’arbre deviennent trop vieux pour donner une bonne essence. Il est donc nécessaire de disposer toujours de jeunes poussses.

Les Bumi Lale ont-ils développé des pratiques permettant de favoriser de nouvelles pousses ? D’après les données recueillies dans la documentation sur le fait que le feu favorise la repousse du Melaleuca tout en empêchant l’installation d’autres espèces on peut supposer que les Bumi Lale utilisent cette pratique favorisant ainsi l’extension du Melaleuca.

 

d) Commerce de l’essence

Les Bumi Lale vendent l’essence de cajeput qu’ils fabriquent à des commerςants chinois de Namlea. Ces derniers la revende à d’autres commerςant chinois d’Ambon qui la transporte jusqu’à Surabaya. En général le prix payé aux Bumi Lale est compris entre de 7.000 et 15.500 roupies la bouteille. Ce prix dépend du poids spécifique de l’essence de cajeput. Le prix à Ambon est supérieur de 2.000 roupies. Le prix à Surabaya est encore supérieur de 3.000 roupies à celui d’Ambon.

Le commerce de l’essence de cajeput est ancien et certainement antérieur à l’arrivée des Portugais et des Hollandais. Sans doute se faisait-il par l’intermédiaire du sultanat de Ternate. Il constitue actuellement le seul revenu financier des Bumi Lale.

 

CONCLUSION

La documentation bibliographique n’a pas fourni de données plus précises sur l’organisation traditionnelle des Bumi Lale. Une analyse plus approfondie des données recueillies par moi-même et par Huliselan permettra de mieux comprendre la répartition du territoire entre les différents groupes de Bumi Lale non seulement pour l’agriculture de subsistance mais aussi pour la collecte des feuilles de cajeput qui constitue leur seule source de revenu. Sur ce dernier point une confrontation entre les caractéristiques écologique, les capacités de régénération du Melaleuca, la répartition des formations à Melaleuca et l’implantation des villages nous permettra peut-être de mieux comprendre l’histoire de l’implantation des Bumi Lale dans l’île de Buru. Le rôle du Setaria italica comme céréale archaïque devra aussi être analysè.

Il faudra aussi voir quel est le rôle de la forêt primaire dans la vie des Bumi Lale à travers les pratiques de chasse et l’utilisation du sagou comme nourriture de base. Ceci permettra de mesurer l’impact du développement des exploitations forestières sur l’avenir des Bumi Lale.


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